Occupation du terminal Valero : 90 jours d’emprisonnement pour l’un des manifestants
L'un des manifestants qui s'est enchaîné à une tour du terminal pétrolier de Valero, dans l'est de Montréal, en octobre 2022, devra purger une peine de 90 jours d'emprisonnement à domicile. La dizaine de membres du collectif Antigone accusés dans cette affaire avaient occupé un site du Port de Montréal loué par l'entreprise américaine pendant près de 24 heures pour revendiquer la fermeture de la ligne 9B d'Enbridge entre l'Ontario et le Québec, un pipeline par où transitent chaque jour près de 300 000 barils de pétrole provenant de l'Ouest canadien. Bien qu'il soit le seul à avoir écopé d'une peine d'emprisonnement, Olivier Huard devra en outre réaliser des centaines d'heures de travaux communautaires et sera en probation pendant trois ans, à l'instar de ses coaccusés. Pendant cette période, tous devront s'abstenir de pénétrer dans les installations et les terrains utilisés par Valero. Les accusés avaient été reconnus coupables, le 14 mars dernier, de méfait et d'entrave à un agent de la paix. La moitié d'entre eux, qui avaient escaladé les tours ou s'étaient enchaînés à un conteneur, ont aussi été déclarés coupables de s'être introduits par effraction. Ceux-ci auront dorénavant un casier judiciaire. En plus de M. Huard, deux manifestants se retrouvent avec des peines plus sévères, notamment pour avoir pris part à une autre action choc du collectif Antigone, peu de temps avant leur procès. En octobre 2024, Jacob Pirro et M. Huard ont escaladé le pont Jacques-Cartier, avec l'aide de Michèle Lavoie, pour dénoncer l'inaction climatique. M. Huard se retrouve avec la plus grave des sentences, a-t-il poursuivi, en tant que Des manifestants ont occupé le terminal pétrolier de la société Valero, dans l'est de Montréal, le 19 octobre 2022, pour exiger la fin des activités de la ligne 9B d'Enbridge. Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson Le collectif Antigone a dénoncé la sévérité des peines imposées, y voyant « un sombre tournant pour la justice climatique ». Mais au-delà des peines, c'est le discours du juge qui nous a profondément choqués. Nous avons entendu que suspendre le travail de trois personnes pour une seule journée serait plus violent que de laisser brûler la planète. Le juge a aussi désigné à tort M. Huard comme le Surtout, le collectif a déploré que ses membres aient été Même son de cloche du côté du Front commun pour la transition énergétique et de ses membres, qui ont manifesté leur solidarité envers les accusés. Face à l'urgence de la crise climatique, les membres du collectif avaient plaidé au cours de leur procès la Ces arguments n'ont toutefois pas convaincu le juge Richmond, qui était d'avis que les trois critères essentiels à la défense de nécessité n'étaient pas réunis, soit l'existence d'un danger imminent, l'absence d'autres options légales et la proportionnalité entre le mal commis et le mal évité. Trois des dix accusés ont d'ailleurs tenté de se faire élire au scrutin fédéral de lundi soir. Olivier Huard portait les couleurs du Parti vert du Canada dans la circonscription de La Pointe-de-l’Île, après avoir été candidat à cinq reprises au provincial, tandis que Jacob Pirro était candidat vert, pour la première fois, dans Hochelaga–Rosemont-Est. Une autre manifestante, Marie-Josée Béliveau, s'est représentée pour le Nouveau Parti démocratique dans Beloeil–Chambly, après avoir subi la défaite en 2021. Avec la collaboration d'Amélie DesmaraisAlors que les avocats et les coaccusés se préparaient pour le procès, ces trois délinquants ont fait la preuve que leur processus de réflexion n'était pas très avancé, malgré les deux années passées depuis leur arrestation à Valero
, a tranché le juge Randall Richmond, lundi, estimant qu'ils présentaient un risque de récidive élevé
.leader du groupe et instigateur de toute cette opération
.
leader
, alors que le mouvement est « féministe, décentralisé, à responsabilité partagée », a-t-on précisé.accusés de ne chercher que l'attention, sans jamais nommer ce sur quoi [ils tentent] désespérément d'attirer l'attention : la catastrophe climatique, l'inaction des gouvernements, le pillage du vivant
.La répression et la criminalisation de l’action politique [nous] inquiètent pour le futur et pour la santé démocratique du Québec
, ont-ils déclaré.Défense de nécessité
rejetéedéfense de nécessité
pour justifier l'occupation du terminal. Disant avoir épuisé toutes les solutions légales – implication citoyenne et politique, rencontres avec des élus, pétitions, manifestations –, ils jugeaient n'avoir eu d'autre choix que de se tourner vers la désobéissance civile pour faire entendre leur message.En fait, il n'y a même pas eu un mal évité, avait noté le juge Richmond en mars dernier. [Les manifestants] savaient que leurs actes n'allaient pas mettre fin à l'utilisation du pétrole ni aux changements climatiques.
La solution raisonnable et légale aurait été de convaincre la population et les gouvernements de l'importance de légiférer pour réduire l'utilisation du pétrole ou y mettre fin
, avait ajouté le juge, réitérant plus d'une fois que le système électoral était la voie à suivre.
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